–—–—–—–—–—–—–—–—–—–—–—–—
PAROLES D’ELEA
Maître Voleuse
–—–—–—–—–—–—–—–—–—–—–—–—
Avant propos
Ainsi, désires tu exercer l’étrange
métier de Voleur !
Sais tu que vagabonder aux gré de
ses désirs et de ces hauts faits de subtilité n’est pas donné
à tout le monde ! En effet , j’estime qu’il faut posséder
de nombreux talents pour ne pas périr à la vue des premiers
dangers. Et surtout cher ami, qui que tu sois, saches que choisir les arts
obscurs de l’agilité et de la subtilisation ne doit pas te paraître
le chemin le plus facile et le plus sûr.
Bien au contraire, ces talents ne supporteront
aucune erreur. Et comme un funambule, tu dois te laisser guider par ton
intuition, mais un seul faux pas risquera de te plonger dans de sombres
abîmes.
Toutefois, si ton coeur se montre courageux,
ton âme insolente, tu découvriras les richesses inimaginables
que ce monde recèle. Et les portes des trésors grandioses
et secrets te seront révélées. De même, cher
ami, risqueras tu de découvrir les objets étranges et magiques.
Après ces quelques lignes, si tu
sembles toujours décidé à suivre la voie des finesses
et des subterfuges, alors lis ce petit manuel, témoin de mes nombreuses
et périlleuses réminiscences.
CHAPITRE I
L’ART D’ETRE VOLEUR
Il me semble indispensable, mon cher lecteur qu’avant
de t’entraîner plus avant dans les méandres de mes réflexions,
je te fasse une esquisse du métier de voleur.
D’ailleurs il me faut corriger dans l’instant
ce mot métier qui n’a de sens pour nos occupations présentes.
Le vol, la subtilisation ne peuvent être associés à
ce nom vulgaire. En effet on ne peut dire que le voleur exerce un métier,
il adopte un art de vivre, un schéma de pensées et organise
ses perceptions tout à fait différemment que le commun des
mortels. Le vol est une art aux mêmes plans que les arts de la guerre
et de la magie. Il ne faut jamais laisser dévaloriser notre savoir-faire
bien indispensable à ce monde.
Pour cette raison même, nos connaissances
et nos talents sont multiples, très diversifiés. En effet
un vide-gousset doit connaître les arts de la discrétion,
du déplacement imperceptible à l’œil du commun. Il doit se
montrer capable de venir à bout de toute serrure complexe sans l’ombre
d’une clef, il doit savoir détecter le piège qui ne manquera
pas de se trouver sur son chemin. Un membre de notre confrérie sait
escalader n’importe quelle surface aussi lisse et glissante soit elle sans
l’aide de la moindre corde. Un Pied Feutré doit aussi connaître
les arts complexes du combat rapproché, et sait frapper aussi rapidement
que l’éclair en un endroit toujours bien choisi. Il doit aussi,
l’expérience aidant, déchiffrer les langues anciennes, les
écrits magiques, et doit même se montrer capable de lancer
un sort à l’aide d’un parchemin de mage. C’est aussi lui qui dénichera
toujours la cache secrète qui recèle les plus fabuleux objets,
les savoirs les plus inestimables.
Ainsi, cher ami, peux-tu deviner l’existence
riche de sensations, de surprises que vivent les gens de notre caste. Crois-moi,
la vie vers laquelle tu t’achemines, si tu réussis les épreuves
qu’elle t’imposera, te comblera certainement de plaisirs rares, mais sera
jonchée de périls. C’est aux prix de ces risques, que l’on
peut parcourir le monde merveilleux qui s’étend au delà des
horizons.
CHAPITRE II
PIEGES D’ACIER ET CROCHETAGES
Tout d’abord il me semble indispensable, pour
ton salut comme au repos de ma conscience, que je t’expose sans ambage
ni détour le principal péril de l’escroc, dont la curiosité
comme chacun le sait est l’apanage. Evidemment, le sujet indispensable
qui ouvre le manuel présent consiste en un descriptif détaillé
mais non exhaustif concernant les pièges, que l’on ne va certainement
pas manquer de disposer sur ton chemin. Ta curiosité à fleur
de peau (on pourrait dire à fleur de peau des doigts) est considérée
par certaines sages personnes comme un terrible défaut qu’il faut
pourchasser toute sa longue existence, pour d’autres, c’est elle qui donne
du sel à la vie, qui donne le relief aux contingences de ce monde.
Bien, mais revenons à ce qui nous occupe
communément : les pièges. Il en existe de toutes sortes,
cependant nous pouvons les regrouper en deux grands ensembles.
Le premier ensemble qui au premier abord semble
le plus vaste, regroupe les pièges mécaniques. Ces terribles
pièges ont bien évidemment pour but la garde d’une demeure,
d’un bien précieux... Apprends tout de même, attentif lecteur,
que la plus grande diversité en la matière existe. Et l’on
peut dire, sans ironie excessive, que l’imagination humaine, aussi bien
qu’inhumaine, s’est montrée fort riche, même j’ajouterais
fourmillante, toujours à l’affût de nouvelles souffrances.
Je tenterais tout de même de me montrer
moins vague. En effet, j’imagine, cher lecteur, que ta carrière
frémissante peut-être a dû déjà se trouver
confrontée à quelque dard empoisonné, à quelque
fausse trappe du plus mauvais goût. Mais si tu me lis maintenant,
c’est que ton intuition, ton doigté, après ces épreuves
s’en sont trouvés aiguisés.
Dans un premier instant, arrêtons notre
regard averti sur le premier piège de base à mon sens pour
tout visiteur un tant soit peu curieux, de vieille demeure abandonnée,
... ou endormie : la fosse. En effet on peut comprendre que le mécanisme
est fort simple à installer et peu coûteux. Crois-moi l’effet
est garanti ! Tu pénétres dans une pièce qui ne te
semble pas particulière et... crac ton pied trop sûr enclenche
par le poids de ton corps l’ouverture de la trappe. A toi d’imaginer le
reste... La profondeur, bien sûr dépend de l’esprit du propriétaire
et aussi, bien évidemment de sa fortune. Demandes à un nain
des montagnes le coût d’une telle installation, je veux bien parier
ma tunique que tu n’en reviendrais pas !
Toutefois, la profondeur n’est pas toujours le
pire des paramètres, ce qui se trouve à l’intérieur
de la fosse peut s’avérer fort intéressant ... Et fort dangereux
! Chez les propriétaires les moins originaux, les moins torturés,
la fosse peut se montrer vide. Mais je t’offre de bon cœur ce petit conseil
pratique : « Assures toi bien de ton environnement à
l’intérieur de la fosse, on peut être surpris d’y trouver
quelque animal des plus charmants ! » Et je veux bien t’assurer qu’une
rencontre sur le vif, dans l’obscurité avec un scorpion géant,
un serpent ou une araignée de grande taille n’est pas des plus réjouissantes
!
Cependant il n’est pas rare de trouver dans un
piège ancien, abandonné depuis longtemps, le corps d’un aventurier
solitaire et imprudent (et crois en moi, à ma longue expérience
que ces deux mots riment fortement), là je ne te ferais pas l’offense
de t’expliquer la méthode à suivre... N’oublies pas les poches
cousues, elles peuvent receler des petites richesses ou des documents de
valeur.
En revanche, on peut découvrir de nombreuses
fosses peu profondes mais hérissées de pieux. Et bien souvent,
ces pieux se trouvent enduits de poison mortel ! Si d’ailleurs à
cet effet, tu crains de te heurter pour une quelconque raison aux pointes
acérées, asperge les d’eau pour faire disparaître la
substance dangereuse, et, si tu le peux ensuite, casses les pointes des
pieux dans un endroit précis, tu pourras alors amorcer une remontée
moins risquée.
Alors me diras tu, la vie d’un aventurier est
bien souvent mise en péril. Mais je te rétorquerai qu’un
bon voleur n’entre jamais dans une pièce inconnue sans avoir auparavant
minutieusement inspecté les dalles sur lesquelles il s’apprête
à marcher. Bien-sûr, l’âge aidant, on trouve plus commode
de voler au-dessus de ces stupides pièges. Mais je suis d’avis qu’il
vaut toujours mieux connaître tout ce que nous réserve une
salle ! Surtout je ne voudrais point dévier ta vigilance des nombreux
autres dangers qui pourraient bien malencontreusement surgir des murs ou
du plafond. Si je rappelle à moi des bribes de souvenirs, je me
souviens fort bien qu’un paladin, qui faisait partie de mon groupe, se
trouva écrasé sous une énorme dalle lorsqu’il était
entré bien inconsciemment dans une salle. Et je te passe les détails
de l’extraction de l’armure et des suites... Je tairais son nom pour préserver
la quiétude de sa réputation.
Aussi je me rappelle très nettement avoir
failli trépasser lorsque des murs de la pièce dans laquelle
je m’aventurais dans ma folle jeunesse, se hérissèrent de
pointes acérées et se rapprochèrent de notre petit
groupe conférant à la pièce une dimension quasi nulle.
Mais halte ! cette vision me semble encore bien trop pénible.
Il me faut t’évoquer sans tarder ce que
j’appellerais le piège à bascule. Ce nom peut te faire sourire,
saches cependant que nombre de nos compagnons ont péri par ses soins.
D’ailleurs je ne serais trop te conseiller de te méfier des longs
couloirs rectilignes, ils cachent bien souvent des bascules meurtrières
qui vous projettent dans une fosse profonde comme l’on vient d’évoquer,
ou mettent en branle une énorme sphère de pierre qui écrase
tout ce qu’elle rencontre. Je te passe les descriptions sanglantes. Ces
bascules peuvent même servir à alimenter quelques monstres
ou morts-vivants habitant l’étage du dessous, c’est en effet une
alimentation économique que propose ces glissoires à viandes
!
Bien, après t’avoir averti des dangers
que constituent les trappes se trouvant dans les salles ou les couloirs,
parlons, si tu le veux bien, des escaliers. Ah ! Les escaliers sont les
perles des emplacements de pièges qui peuvent être magiques
(comme nous le verrons dans un deuxième temps) mais tout aussi bien
mécaniques, ou même une combinaison des deux. Une marche se
dérobe et l’escalier se transforme prestement en glissoire, ou te
laisse négligemment choir dans nos très chères fosses
savamment décorées. En d’autres mots méfies toi des
escaliers. On m’a aussi parlé de marches qui empale celui qui gravit
l’escalier, grâce à une lame qui surgit lorsque le pied se
pose sur elle.
Alors, face à tous les dangers qui te guettent
durant des éternités dans les demeures désertes ou
abandonnées, je ne te donnerais qu’un seul conseil mais fort simple,
sois observateur, c’est une des plus grandes qualités qui fera de
toi un bon voleur. N’hésites pas à rechercher les petites
fissures travesties, les faux reliefs, les aspérités étranges...
Ces minutes perdues te sauveront maintes et maintes fois la vie !
J’aimerais maintenant attirer ton attention sur
l’objet qui chaque cycle crée le plus grand nombre de décès
chez les gens de notre profession : les Portes . Et oui, cela peut paraître
surprenant aux débutants, mais c’est bien dans cette chose d’apparence
si commune que le propriétaire de quelques richesses investira l’installation
de quelque défense. Et si ton groupe ne contient pas de magicien
qui lance à tout bout de champ ‘‘téléportation’’,
ou un paladin qui met un point d’honneur à ouvrir toutes les portes
(ils sont rares), c’est à toi d’officier.
Les pièges mécaniques installés
sur une porte peuvent se révéler de fort diverses natures.
Cependant, à mon sens, le dard empoisonné (cela va de soi)
me paraît le plus commun. Lorsque tu t’apprêtes à tourner
la poignée, ce petit engin acéré te déchire
la main sans scrupule et, en plus de cela il infiltre dans ta chair un
poison dangereux. Regardes attentivement loquets et serrures, cette habitude
t’assurera une vie plus longue, et puis, les antidotes sont de si mauvais
goût! Et ainsi tu ne grossiras pas le nombre considérable
des membres décimés qui faisait partie de notre profession.
Du reste, il est à mes yeux indispensable que tout bon voleur utilise
des gants ou un pan de sa cape, faute de mieux, pour presser la poignée
ou toucher la serrure de la porte. On ne se méfiera jamais assez
des poisons de contact qui peuvent les recouvrir de façon tout à
fait invisible. Cependant, j’ai noté que beaucoup de poisons possédaient
cette légère odeur d’amande douce. Tu vois, l’odorat joue
un rôle très important dans l’observation d’une porte peu
engageante.
D’ailleurs, à ce propos, un de mes
confrères me fit part d’un de ses petits secrets de travail. Je
m’empresse de t’en faire part, cher lecteur, il se peut qu’un jour il te
fasse grand usage. En effet, il utilise une petite burette ou poire qu’il
remplit d’eau bénite. Lorsqu’il détecte une substance dangereuse
sur la serrure d’un coffre ou d’une porte, il asperge celle-ci d’eau bénite.
Ce précieux liquide neutralise le poison, et ainsi te permet de
crocheter le mécanisme en toute sécurité.
De plus je ne saurais trop te conseiller
d’accorder une grande méfiance au coffre que tu pourrais découvrir
dans les tréfonds de quelques donjons. Ceux-ci peuvent contenir
des vapeurs fort nocives qui s’extraient dés l’ouverture du couvercle.
Dans ma jeunesse, je me souvins encore de ces gaz délétères
qui me plongèrent dans un profond évanouissement, et je me
rappelles encore m’être retrouvée au fond d’un cachot sordide,
séparée de mes amis, de toutes mes affaires... sauf de mes
fins outils de voleurs que je cachais dans les coutures de ma tunique.
D’ailleurs cette précaution m’a plusieurs fois permis de m’échapper
de terribles ennemis. Un voleur sans ses petits outils n’est plus que la
moitié de lui-même.
Il existe aussi des coffres très
étranges, autrefois j’en ai rencontré un et, heureusement
je me suis aperçu à temps du caractère ... vivant
du coffre. C’était une mimique, cette créature monstrueuse
imite à la perfection le plus anodin des coffres, dans les moindres
détails du bois et des ferrures. Cette bestiole fort peu sympathique
et d’un appetit terrifiant attend tout bonnement que des aventuriers envieux
de s’enrichir s’approchent d’elle. Devines l’étape suivante, son
dîner est servi, elle n’a plus qu’à l’avaler.
Il me faut aussi, mon cher lecteur te parler
des serrures, qui constituent une des plus belles inventions à l’intention
des membres de ma confrérie. Qui n’a pas ressenti les picotements
de plaisir au bout des doigts à la vue d’une serrure complexe. En
effet en cet exercice fort agréable qu’est le crochetage, notre
doigté pur est mis en jeu. Notre esprit semble converger vers l’extrémité
de nos mains dans l’unique but de déjouer le mécanisme de
fermeture. Et c’est un pur bonheur qui assaille le cambrioleur lorsqu’il
entend le petit déclic annonciateur de la défaite de la porte.
Cependant, on peut supposer que tu n’entends peut
être pas toujours ce petit son réjouissant, alors plusieurs
solutions s’offrent à toi. Premièrement, si tu es accompagné,
tu pourras te retourner la mine attristée vers tes amis, et un des
lourdauds qui fait sans doute partie de ton équipée te lancera
d’une voix de stentor la phrase rituelle : « Pousses toi, je la défonce.
». Et là bien sûr tu pourras dire adieu à tout
l’effet de surprise que tu escomptais ! Or, si, je l’espère, tu
es malin et si tu possède dans ton sac un peu de matériel,
tu peux sortir une fiole d’acide et un petit entonnoir. Ainsi en laissant
le liquide corrosif s’écouler dans le mécanisme de la serrure,
tu entendras un joyeux mais discret crépitement, et sous une légère
pression, le pêne de la porte cèdera sans problème.
Cette solution a double avantage. En effet, ton effet de surprise n’est
pas gâché par un guerrier qui se prend pour un bélier
pour un court instant, et l’on ne mettra pas en doute tes excellentes capacités
de crochetage.
J’ai moi même, je l’avoue, utilisé
dans un temple fort dangereux un carillon d’ouverture. Cette clochette
enchantée m’a permis d’éviter de terribles pièges
magiques. Il ne doit pas être très agréable de finir
désintégré au contact d’une belle porte de bronze,
cela est du plus mauvais effet. Cependant, il ne faut point faire l’emploi
à tout bout de champ de ces palliatifs magiques. Le crochetage d’une
serrure, qu’elle soit de coffres ou de portes représente toujours
une belle bataille en perspective. Mais je conseille vivement mon lecteur
de toujours s’assurer qu’aucun malencontreux incident ne survienne à
l’ouverture de la porte. Les sens doivent continuellement t’alerter de
tous dangers possibles, il n’est d’ailleurs pas négligeable d’écouter
ce qui se passe derrière la porte fermée lorsque l’on se
trouve dans un endroit peu accueillant. Fais confiance aux messages de
tes sens, n’as-tu jamais encore ressenti la présence d’un troll
derrière une porte. Même s’il se tient dans un silence quoi,
certaines odeurs ne trompent pas.
CHAPITRE III
PIEGES D’AIR ET DE FEU
Après s’être complaisamment attardée
sur cette liste, non exhaustive, toutefois, laisses-moi maintenant aborder
le non moins grave et moins épineux sujet que présentent
les pièges magiques.
Cependant, je pense qu’il est bon que le jeune
apprenti dés ses débuts aussi brillants soient ils dans une
ou plusieurs ficelles du métier, doit s’informer et s’intéresser
aux multiples arcanes de la magie. En effet, elles peuvent se montrer fort
utiles et fort meurtrières à la fois. Mieux vaut connaître
la puissance d’un Mage avant de s’aventurer en sa demeure. Je dirais même
que l’on doit se méfier des illusionnistes et incanteurs de tout
acabit. Mais mon expérience personnelle compte beaucoup dans ce
jugement. Depuis quelques mésaventures avec une magicienne fort
prétentieuse et capricieuse, je dirais juste que j’évite
en toute bonne foi de provoquer des inimitiés parmi ce genre de
personnes fort peu prévisibles ! Saches cependant qu’un jour, à
force d’études et de fréquentations, tu parviendras peut
-être à lire les écrits magiques et à incanter
de puissants sorts. Cela me semble une bonne raison pour s’éveiller
aux bienfaits et aux méfaits de cet art fort étrange.
Saches toutefois qu’une magie fort puissante ne
doit point être oubliée :la magie cléricale qu’emploient
les druides et les prêtres, elle aussi peut se montrer fort bénéfique.
Je ne compterais pas toutes les fois où leurs services me furent
vitaux.... En effet ce serait dénombrer les multiples résurrections
qui rendirent mon âme à mon enveloppe charnelle.
En outre, il me faut aussi te rappeler que la
magie cléricale peut aussi malheureusement s’employer à des
fins bien moins louables que l’art de soigner, ou de rendre à la
vie. En effet, un des premiers pièges sophistiqués que peut
rencontrer un jeune aventurier dans une demeure endormie ou provisoirement
désertée, sont des protections cléricales fort dangereuses.
C’est ainsi que je vous mettrais en garde tout au long de ce manuel, méfiez
vous des lanceurs de sorts, qu’ils soient druides, clercs ou magiciens...
Leur puissance est toujours à craindre, et rares sont ceux qui défendent
leurs biens dans la demi-mesure !
Le piège clérical par excellence,
le plus répandu, est le Glyphe de garde. Des signes visibles uniquement
par l’utilisation de la magie, cachent sur une porte ou même un grimoire
un terrible piège indécelable à l’œil nu d’un simple
mortel. Les plus connus et néanmoins fort redoutables, infligent
une puissante décharge électrique à l’imprudent qui
touche l’objet protégé. Tous les gens de notre art se rappelleront
sans doute leur première et effrayante cécité causée
par un glyphe clérical. N’est ce pas le pire des malheurs qui puissent
subvenir à notre métier ! Donc, je ne pense pas m’appesantir
en renouvellant mes mises en garde, mieux vaut être accompagné
d’un clerc, que visiter inopinément sa maison. Toutefois je ne peux
nier que la demeure d’un de ces personnages recèlent bien souvent
de fabuleux objets.
On peut ainsi découvrir des ouvrages dont
leur rareté n’égale que leur utilité. En effet, bien
souvent les clercs sont poussés par le désir honorable de
créer leurs propres objets magiques. Et je peux assurer qu’il est
fort bien vu de détenir en sa possession un anneau, une arme dont
les enchantements assemblés sont uniques en ce monde. Il me semble
aussi toujours bon de garder en réserve une botte secrète
tel qu’un ojet aux pouvoirs méconnus. Alors il ne faut point bannir
de nos investigations nocturnes les tours de magiciens ou de clercs, mais
prudence, méfies toi des pièges invisibles à ta première
conscience, il faut s’allier à la magie afin de vaincre l’invisible
danger.
Il vient à ma mémoire un piège
terrible conçu par des clercs assez puissants, celui-ci flotte dans
une aura froide et lumineuse, et déclenche dans l’esprit de celui
qui le regarde des émotions et des pulsions aussi violentes qu’étranges.
On raconte d’ailleurs, que des compagnies entières se seraient entre-tuées
en présence de ces Symboles néfastes. Il peut arriver aussi
malheureusement qu’un regard un peu trop aiguisé, un peu trop observateur
justement glisse sur un incompréhensible dessin. Et les pupilles
sont ravies par les méandres des tracés, il arrive alors
qu’une confusion profonde et troublante soit jetée dans l’esprit
du malheureux.
CHAPITRE IV
ASTUCES ET MECANIQUES
Mon cher lecteur, si le découragement
n’a pris place en ton esprit, c’est certainement que le goût de l’aventure,
des dangers se montre plus fort que la simple sagesse.
Après avoir traité des créations
multiples et variées des gens de ce monde dans la création
des trappes et des pièges, il faut aussi avouer que notre art nous
enjoint à exceller dans la fabrication rapides de pièges.
J’appellerais ces pièges, des pièges d’alertes. En effet,
un jour ou l’autre, dans une ville lointaine, on finit toujours par se
faire quelque ennemi pour de menues broutilles, bien fondées ou
non. Enfin c’est la raison pour laquelle, il faut se tenir sur ses gardes,
la nuit dans ta petite chambre d’auberge. Et crois moi, une porte fermée
à clef est bien peu de choses pour un assassin habile et déterminé.
On peut alors installer très rapidement une cordelette attachée
à la poignée qui sera reliée à une dague ou
une épée qui tombera sur une pièce métallique
dés que la tension entre l’arme et la poignée ne sera plus
existante. Ainsi l’ouverture inattendue d’une fenêtre ou de la porte
te donnera instantanément l’alerte.
J’ai même ouï dire que certains farfelus
de notre gente installaient tous les soirs avant de s’endormir un réseau
de cordelettes transparentes reliant entre elles d’innombrables petites
clochettes. Personne ne pouvait ainsi pénétrer dans sa chambre
sans émettre un carillonnement des plus sonores. Le seul inconvénient
à cette technique est qu’il me semble bien long d’enrouler les marteaux
des clochettes dans la ouate chaque matin. Imaginez sans cela la discrétion
d’un tel personnage !
Il peut aussi vous être possible avec un
peu d’astuce de piéger une porte mais malheureusement plus le piège
est complexe et plus il faut du temps pour l’achever. Fais toi aider par
un mage ou un clerc pour poser des bouches magiques ou des pièges
à feu, ou même des glyphes ! Cela peut toujours s’avérer
utile lorsque l’on séjourne dans un lieu inquiétant et que
l’on est absolument obligé de prendre un peu de repos.
Il faut bien dire que les conseils d’un voleur
expérimenté valent de l’or pour tout notable qui désire
rendre sa maison plus sûre, il faut toujours je pense méditer
à une reconversion possible un jour . Et lorsque l’on se sent affaibli
par toutes les péripéties d’une vie bien remplie, il n’y
a pas de honte à trouver à son art un climat plus tranquille
pour le perpétuer.
CHAPITRE V
VOLTIGE ET DOIGTE
A toi, mon cher lecteur, il me tient vraiment
à cœur d’évoquer un aspect essentiel des dons que tu dois
développer à tout prix, qui feront de toi ton estime, et
te rendront bien souvent la vie plus facile. Je veux parler là de
la subtilisation, l’art de dérober en l’espace d’un instant le contenu
d’une poche, d’une bourse, d’un fourreau. Cet art fait notre apanage et
notre pain quotidien, il faut bien le dire. Et lorsque l’on y pense plus
avant, voler de menus biens aux richissimes de ce monde équilibre
la balance des injustices. Et j’ai toujours aimé penser que les
possessions, les richesses et objets de toutes sortes, se devaient de changer
de mains fréquemment. En effet, les échanges constants, les
changements de propriétaires illicites ou non, me semblent bénéfiques
à l’enrichissement de nos connaissances à tous, et cela me
fend le cœur de découvrir de merveilleux trésors, bijoux
de toutes sortes, croupir dans les tréfonds d’une crypte secrète
d’un château. Il faut redonner une existence à tous ces objets
fascinants. Finalement, nous, les pieds feutrés, les tire-laines,
nous agissons pour une plus grande connaissance, pour l’éparpillement
du savoir de par le monde. N’est ce point une attitude hautement altruiste
?
Bien, cette petite réflexion morale achevée,
revenons à nos bourses, nos poches et nos fourreaux. Tout d’abord
je conseille vivement à tous les voleurs qui débutent en
cette prometteuse carrière, de toujours s’informer des peines encourues
pour toutes tentatives de subtilisation de biens monétaires ou non.
On ne sait jamais! A mes débuts je ne me serais jamais risquer à
dérober une bourse dans certaines villes austères. Un échec,
un coup de malchance peut toujours s’avérer possible...
Il est aussi nécessaire de rappeler qu’un
bon cambrioleur a de bons outils en bon état ! C’est indispensable,
une lame mal affûtée te ferait perdre un temps précieux
lors d’une opération sur les lanières d’une bourse, et gâche
toute discrétion préalable. Il n’est pas négligeable
non plus d’utiliser du noir d’épée, cette substance sur tes
petits outils permet d’éviter tout étincellement désagréable
au cœur de l’action. Le soleil, en effet, engage un perpétuel combat
contre nous, les gens du silence et du subterfuge.
Il me semble bon pour débuter, lorsque
l’appréhension teinte encore ton cœur avant le grand moment, de
te limiter à la subtilisation de bourses légères en
jour de marché ou de grandes affluences. Cette première occupation
permet un bon entraînement, donne l’occasion de tester tes premières
émotions, d’harmoniser les battements de ton cœur, et, de plus donne
l’occasion de trouver un style qui correspond à ta façon
d’être. Ensuite, l’expérience venant avec le temps et les
occasions, les gens de notre profession pourront s’attaquer à des
objets plus inaccessibles et surtout plus payants. Un anneau n’est pas
difficile à subtiliser lors d’un baise-main, ou d’une poignée
de main franche et chaleureuse. En utilisant un peu d’huile sur un doigt,
la tâche en devient plus aisée. Mais je conseillerais tout
de même à mes lecteurs intrépides de faire identifier
la magie et les pouvoirs des joyaux qu’ils empruntent. Un objet maudit
peut toujours se cacher derrière la plus pure des gemmes.
Ensuite, une fois ces étapes franchies,
tu sera certainement mieux à même de calculer les risques
des petits méfaits que tu projettes, et par cette occasion, tes
chances de réussite se montreront bien plus sûres. Alors peut-être,
en viendras tu à tenter la subtilisation d’une épée
dans le fourreau d’un guerrier. Crois moi, ce genre de petites opérations
a ses charmes. En effet, une épée se vend toujours très
bien, et peut bien s’ajouter au nombre des armes d’un voleur. Mais surtout
quelle ne va pas être ta joie lorsque tu verras ton ennemi de guerrier
au moment de sortir son arme pour un quelconque combat se trouver tout
penaud de trouver son fourreau vide ! Ce coup est quelquefois difficile
à accomplir, mais il apporte beaucoup de satisfaction personnelle!
Il est aussi très intéressant
de dénicher quelques livres de magie et de savoir les subtiliser
dans les bibliothèques avec art et habileté. En effet la
magie n’est pas si inaccessible qu’on pourrait le croire. On peut même
avec un peu d’expérience tenter de la déchiffrer et par là,
lancer des sorts aussi puissamment que le ferait un mage. Et crois moi
la première fois que le groupe de compagnons qui m’accompagnait
m’a vu incanter des sorts,que j’avais choisi fort visuels pour l’occasion,
mes amis jetèrent un tout autre œil sur moi. J’ai lancé des
boules de feu fort impressionnantes et une tout autre considération
de ma personne entra dans leurs esprits. La puissance était au bout
de mes doigts et sur mes parchemins ! Bien sûr, il est très
agréable de connaître un mage assez sympathique pour nous
procurer des parchemins. Mais, lorsque l’on sait bien chercher parmi les
rayons d’une bibliothèque importante, je peux assurer que l’on y
trouve des choses fort intéressantes....
CHAPITRE VI
COULEUR LOCALE
Après avoir évoqué
les subtilités de l’art de dérober au nez et à la
barbe de sa victime, il me faut maintenant parler de l’indispensable travail
de discrétion qui devra être mené tout le long de ta
vie si tu désires la rendre longue et riche .
En premier lieu, j’attire ton attention sur le
don d’observation que tout bon membre de notre confrérie doit sans
cesse développer. En effet, la première chose à faire
en entrant dans une ville n’est pas de s’informer de l’endroit où
se trouve l’auberge la plus proche pour aller se saouler et jouer avec
de vulgaires dés pipés. Non ! La première chose à
faire est d’observer le vêtement local, puis la richesse et la justice
de la ville en présence, pour ainsi mieux évaluer le terrain
de tes futurs forfaits. En effet un voleur qui se fait remarquer avec des
vêtements de facture étrangère et donc singulière
pour la population est un mauvais voleur. On le remarquera vite et ses
moindres déplacements pourront être facilement repérés
dans la mémoire des habitants.
Ainsi, la première chose à faire,
aux abords d’une ville, est certainement d’acheter à un vendeur
ambulant des costumes de la région, râpeux de préférence
pour pouvoir ainsi plus aisément se fondre dans la foule. Il est
aussi de bon augure d’adopter l’accent du coin si bien sûr on aime
le travail en profondeur. Cependant il me semble que ce sont les premiers
préceptes à adopter dans une région reculée
qui ne voit pas souvent passer de voyageurs.
De plus il me semble bon de procéder à
quelques petits repérages lorsque l’on arrive dans une ville inconnue.
En effet, savoir qu’au nord, il existe une sortie par une rivière
souterraine, ou au sud, dans une rue les maisons semblent très faciles
à escalader et les toits fort pratiques pour se cacher, peut sauver
la vie si les choses finissent par tourner au vinaigre. Connaître
les sorties rapides et discrètes est la première tâche
d’un voleur de passage dans une cité, si celui-ci ne veut pas finir
mort dans les ténébreux égouts d’une sombre ville
(soit dit en passant, ce qui faillit m’arriver dans ma jeunesse).
Il est aussi indispensable de s’informer de la
présence d’une guilde importante dans la ville. En effet on ne détrousse
pas sans négocier un certain partage des bénéfices
avec la société secrète. Ne pas en tenir compte s’avèrerait
fort dangereux pour ta carrière, certaines guildes n’hésitent
pas à couper quelques doigts en guise d’avertissement, et utilisent
des moyens fort habiles pour filer tous tes forfaits.Et surtout, il convient
de se méfier des hommes de magie, voler leurs biens n’est pas toujours
une bonne affaire.
Bien sûr, l’habit typique de la région
est tout à fait convenable dans la journée, lorsque l’on
se fraye un chemin parmi les bourses de la foule et les étalages
des échoppes. Cependant la nuit, il faut bien dire, ce masque n’est
plus de rigueur. En effet lorsque la lune se voile de gaze ténébreuse,
il est bon de donner à son corps la couleur de la nuit. Votre visite
d’une riche demeure ne peut s’effectuer qu’avec l’habit de noirceur. De
plus, il n’est pas très pratique d’adopter la robe, (fort sayante
pour toute mondanité), un fin pantalon de cuir sombre fait mieux
l’affaire pour une éventuelle promenade sur les toits.
CHAPITRE VII
LE MONDE DU SILENCE
Je ne saurais trop te conseiller, cher lecteur
d’entraîner ton corps et ton esprit à se mouvoir en un silence
absolu. Un bon exercice est à tenter sur les feuilles mortes au
milieu d’une forêt. Même s’il existe des bottes fabuleuses
fabriquées par les Elfes, il est indispensable d’adapter son corps
à une mouvance imperceptible ni par l’œil ni par l’oreille. Les
bottes et les capes elfiques ne sont pas éternelles, tu pourrais
malencontreusement en être privé ! N’hésites pas à
te concentrer sur l’allure de ton déplacement, le son qu’il dégage,
c’est un travail de concentration, de maîtrise de soi exceptionnel.
Apprends la marche sur des graviers, du bois secs, des feuilles mortes...
Les glissades sur les pointes des pieds se maîtrisent et s’améliorent
avec un effort soutenu. Bien sûr l’objet dont rêve tout voleur
est l’anneau d’invisibilité, cependant, avec beaucoup de pratique,
la dextérité seule remplacera l’invisibilité magique.
De même, mon cher lecteur faut-il te concentrer
sur le silence du travail de tes doigts. En effet, bravo si tu peux crocheter
une serrure, mais si le bruit de ton labeur réveillerait tous les
Démons qui dorment dans la 666ème couche des Abysses, cela
ne sert à rien ! Ainsi le déplacement est à soigner
mais aussi l’habileté de tes doigts. Aussi faut-il manier fréquemment
les outils de crochetage et apprendre à ne pas les faire tinter
ensemble. Cela me semble être la base de tout crochetage réussi
! Ne nous inquiétons pas tout de même, la discrétion
ne dépend pas toujours de toi. En effet si tu aimes exercer ton
art en compagnie de tes amis et que ceux-ci sont de lourds guerriers, alors
tu pourras être aussi silencieux que l’abîme, cela ne changera
rien. Le martellement de ces horribles coffres d’acier ambulants est toujours
effroyable sur les pavés sonores au fond d’un donjon. Si tu désires
garder à tout prix un réel effet de surprise sur un ennemi
potentiel, laisses loin derrière toi les lourdauds à carapace
de métal et glisses toi le long des froides parois. Cependant assures
toi que la fuite, ou, disons, le repli reste toujours possible, les lourdauds
nous sont bien parfois utiles...
Ainsi, nous pourrions dire que la discrétion,
le silence, la fluidité des mouvements sont les apanages du voleur.
La furtivité est notre mot d’ordre à tous. Il faut bien alléger
quelques poches trop pleines ou quelques demeures trop luxueuses, pour
cela les membres de ma confrérie préfère en général
procéder de façon inaperçue. Il ne faut point déranger
quelques esprits chatouilleux quant à leurs possessions. En effet
cher lecteur tu ne trouveras point de morale licencieuse pour entériner
tes probables désirs de torture ou de meurtre. Je préfère
laisser ces basses besognes aux barbares et assassins de tout poil. Si
le sang doit couler, c’est pour mettre fin à la vie de quelque scélérat.
L’imprudent qui se promène par les rues chargé d’une bourse
bien pleine, celui-ci peut être délesté (une bonne
leçon ne fait de mal à personne), mais cela doit être
fait discrètement. Laissons les égorgements des sombres ruelles
aux coupe-jarrets à la petite semaine.
CHAPITRE VIII
VERTIGES ET PROFONDEURS
Abordons dés maintenant un aspect très
pratique de notre métier. Afin d’investir une ancienne demeure,
ou un apic rocheux, il nous faut bien maîtriser un geste qui doit
devenir quotidien : l’escalade. Lorsque l’on projette de telles expérience,
je recommande à mes lecteurs novices de ne pas toujours uniquement
faire confiance à leur chance. Une chute, insolite pour gens de
notre classe, peut tout de même advenir. C’est la raison pour laquelle,
je te conseille de te munir d’un minimum de matériel. Il faudrait
devoir compter dans ton sac une bonne corde solide en grappin ainsi que
des pitons et un marteau.
Bien que tu dois certainement penser que ta nature
agile te dispense de tous ces ustensiles, n’oublies pas que bien souvent
nos bons vieux lourdauds en carapace de fer nous accompagnent... et sont
incapables d’une quelconque acrobatie. On peut aussi penser aux lanceurs
de sort qui ne sont pas non plus très doués pour ces arts
de voltige. Des groupes de voyageurs se sont bien souvent vus stoppés
dans leur élan à la vue de simples falaises ou de murs de
taille, par la terreur que l’idée de la chute occasionne chez les
combattants. Ainsi c’est à nous qu’il revient de grimper par la
force de nos muscles et par là même d’ouvrir une voie sûre
pour nos compagnons moins habiles.
Il est vrai, que si d’aventure la discrétion
est de mise, il ne faut peut-être pas sortir à tout prix l’attirail
des pitons et marteaux. Cependant on peut, je pense, préserver la
tranquillité de ses compagnons, et toutefois se laisser la part
belle aux risques grisants des ascensions vertigineuses. Quel bonheur de
parcourir une façade de bâtisse telle une araignée
sur sa toile, seules nous, personnes de haute voltige, nous savons cela.
D’ailleurs s’il te vient l’idée de visiter
une demeure afin d’y trouver un objet particulier, je te conseille chaudement
d’y accéder par le toit, la cheminée, les fenêtres
du dernier étage, ce sont les endroits où l’on t’y attendra
le moins ! Et bien souvent, les choses les plus intéressantes se
situent aux derniers étages des habitations de notables. Il est
aussi important qu’un cambrioleur sache se tirer d’affaire lorsque lui
et son groupe sont tombés au bas d’une fosse profonde, n’attendez
pas que le limon vert qui traîne toujours dans les caves humides
vous jette une corde ! Ainsi le furtif, comme on l’appelle souvent, donne
toujours à mon sens l’étincelle de survie à sa compagnie.
Et demandez à n’importe qui, nos talents sont indispensables. Il
va de soi que nous prenions quelques petites compensations dans nos déplacements
en éclaireur. Nous mettons d’ailleurs toujours notre vie en avant
lorsqu’il faut gravir les pentes les plus abruptes, gripper un piège
mortel, s’avancer à pas feutrés, silencieux comme la nuit.
Mais cela fait partie du métier de ceux qui aiment voyager accompagné
et unir les talents pour se montrer plus forts devant les obstacles. Il
est vrai que j’aime assez cette vision des choses, et visiter seule des
endroits mystérieux me paraît terriblement imprudent. Bien
sûr mon cher lecteur, c’est à toi de choisir la route qui
te conduira aux sommets des richesses intellectuelles et matérielles.
Peut-être préfèreras tu la solitude des épreuves,
la solitude devant les dangers et les trésors.
Cependant, si l’on revient au thème de
ce chapitre, je ne saurais trop te conseiller de gravir par plaisir toutes
les falaises, les hauts murs qu’il t’arrive de rencontrer. Si la tâche
te semble trop facile, enduis tes doigts d’un peu d’huile ou de savon,
cela rendra l’exercice plus excitant. Et il arrive bien souvent malheureusement
que nos créateurs de piège recouvrent les rampes de leur
fosses de substances glissantes. Alors mieux vaut s’entraîner dans
le calme à ce genre d’éventualité désagréable,
il est plus difficile d’apprendre lorsque l’on est sévèrement
menacé par un scorpion géant. Certains me diront que rien
ne vaut l’apprentissage dans le vif de l’action, mais à cela je
rétorquerais que certaines actions sont mortelles si elles ne sont
pas préparées.
CHAPITRE IX
DANSE MACABRE
Je viens, très cher lecteur de m’apercevoir
que je n’ai pas encore glissé sur ce velin une ligne d’encre qui
évoque un tant soit peu les arts du combat.
En effet, il me semble que pour sa sauvegarde,
une personne de notre classe se doit de développer ses talents du
combats et de l’esquive. Bien sûr nous ne sommes pas de ces hommes
carapaçonnés de fer qui font de la guerre leur credo. Toutefois,
si l’on ne sait tenir une arme, notre carrière ne serait pas bien
longue.
Tout d’abord, il me faut te parler du bon
choix des armes qu’il convient de faire, lorsqu’on décide de s’initier
à son maniement. N’importe quelle personne te dirait que l’arme
de prédilection du voleur est sans conteste la dague. Elle a en
un certain sens un peu raison, et en un autre, un peu tort. Il est vrai
que la dague est fort légère, et qu’elle semble l’instrument
de choix quand il s’agit de la cacher dans la manche de sa cape, ou à
l’intérieur de sa botte. Cependant ce n’est pas la seule qui attire
mes faveurs. J’estime hautement les armes de jet rapides et précises.
Ainsi une bonne fronde à billes d’acier est l’objet indispensable
sur tout bon voleur qui se respecte. Oui, certains me diront peut-être
que la fronde comme la dague n’infligent pas de terribles blessures. Mais
lancer une dague ou une bille de fronde permet à l’occasion d’interrompre
un lanceur de sorts dans une terrible incantation. De temps en temps, leurs
déconcentrations peuvent nous sauver la vie, et courir une lourde
épée à la main jusqu'à lui coûtent des
instants précieux.
Cependant ne crois pas que je jette la pierre
(c’est le cas de le dire) sur la bonne vieille épée qui appartient
peut-être depuis des générations à ta famille.
En effet celle-ci se montre bien plus meurtrière que la dague ou
la fronde, et bien maniée, elle fait des merveilles. D’ailleurs
je me souviens avec nostalgie d’un temps doré lors duquel j’utilisais
une épée lame de glace. Ces effets me semblaient magnifiques.
Surtout, ne prêtes aucune croyance aux personnes qui estiment qu’il
est impossible de frapper le dos de son ennemi armé d’une épée
et d’une dague. Je peux témoigner que je l’ai pratiqué tout
au long de ma carrière. Je peux t’assurer que mes meilleurs coups
ne se sont pas déroulés autrement. D’ailleurs certains Démons
se sont mordu les doigts de m’avoir présenté leur dos.
Bien sûr, pour agir de la sorte, tenir
fermement deux armes sans perdre l’équilibre, il faut déjà,
je pense, une forte dose d’habileté, de l’assurance et de la concentration.
Le métier de combat est tout d’abord un travail de l’esprit. En
effet si ton esprit s’avère incapable de visualiser la scène
d’une future lutte dans un espace en trois dimensions, tu ne peux être
sûr de vaincre ton adversaire. L’espace, et la représentation
intellectuelle que l’on s’en fait se montre capital à l’issue favorable
d’un combat. Un voleur doit savoir jouer avec les volumes et les formes
lorsqu’il virevolte pour à la fois esquiver les coups et déstabiliser
son adversaire, le perforer de part en part sans lui laisser le temps de
la répartie.
J’ai d’ailleurs en mémoire un excellent
exercice de développement des sens. Afin d’adapter la conscience
à cette perception intense et touffue de l’espace dans ses dimensions
multiples, installes toi dans une salle que tu connais bien. Assieds toi
en tailleur à l’endroit qui se rapproche le plus du centre de la
pièce. Fermes les yeux et laisses toi t’imprégnez de l’odeur,
des sonorités de l’endroit. Ensuite représentes toi au plus
profond de ta conscience tous les contours de la chambre, les moindre objets
qui s’y trouvent . Procédes comme si tu marchais dans cette pièce,
puis éleves ton point de vue comme si ta vision s’échappait
et s’élèverait au dessus de ton propre corps. Cet exercice
fréquemment accompli te permettra de faire de grands progrès
dans la perception intuitive d’un endroit inconnu, et une plus grande maîtrise
de tes évolutions lors d’un combat. Ton esprit, tu ne manqueras
pas de le remarquer lors de l’entraînement, sera de plus en plus
rapide à représenter la salle dans laquelle tu te tiens,
avec les moindres détails, tout le mobilier qui pourrait devenir
pour la lutte un atout de taille.
N’oublies pas que la maîtrise des sens aussi
bien visuels, olfactifs, auditifs, que tactiles demandent un effort intellectuel
constant. C’est par l’acuité de notre domaine perceptif qu’un voleur
devient puissant. C’est cette intuition ténue qui te permet de te
fier à certains compagnons, à en rejeter d’autres, les inflexions
de la voix parfois suffisent, quelques gestes aussi.
Probablement, cher lecteur, me trouves tu
un peu trop cérébrale lorsque j’évoque le combat,
alors qu’il réssuscite peut-être en ta mémoire l’odeur
du sang et des os écrasés, l’horreur de cris, et la fureur
du choc des armes. Ces sensations, moi aussi je ne peux les oublier, mais
je tiens à dire que notre art n’est en aucun cas de la boucherie
de tournoi. Nos opérations furtives doivent toujours se montrer
précises, presque indolores, tellement leur rapidité surprend
l’adversaire. Laissons aux grands et forts chevaliers de ce monde la joute
franche et virile qui fascine plus qu’elle ne meurtrit. Notre confrérie
aime à opérer sans bruit déplacé, sans geste
déplacé. C’est ainsi la règle de conduite à
tenir. Aussi lors d’un rude combat, le voleur aide bien mieux ses compagnons
s’il contourne subtilement la partie adverse pour mieux la frapper... en
pleine épine dorsale.
Ainsi si tu détiens une belle épée,
sois sûr qu’elle constituera une très bonne compagne dans
les régions hostiles que peut-être tu sera amené à
traverser. Rien ne vaut l’éclat de sa lame pour intimider les rôdeurs
en tout genre. Mais si l’épée est de belle facture, ou même
doté de charmes magiques, on peut essayer de dévisser le
pommeau de l’arme, une partie du moins. En effet le tube que constitue
la garde de l’épée peut devenir un écrin pour un anneau
nouvellement acquis, un parchemin que l’on veut garder en sécurité.
Crois moi, cette cachette est très difficile à déceler,
et s’avère bien plus solide qu’un sac à dos ou un tube d’os.
Pour conclure ce chapitre important sur
le combat, j’aimerais ajouter que tout bon vide-gousset, du moins en début
de carrière, doit se procurer un anneau d’invisibilité. Cet
objet ne doit jamais quitter ton doigt. Je dirais même que s’il te
vient par le plus grand des malheurs à te retrouver emprisonné,
mieux vaut avaler l’anneau avant la séance de fouille, lui seul
te garantit dans quelques jours une fuite possible. Mais l’anneau d’invisibilité
permet en combat une efficacité bien plus rapide. Son possesseur
ne perd plus de temps : le voleur agit, plante ses armes au bon endroit,
puis disparaît en un instant et jette son adversaire dans la confusion
s’il n’est pas déjà mort. Personne ne le voit plus... Il
se fait oublier pour à nouveau porter son coup dans un mouvement
d’éclair.
CHAPITRE X
PLUMES ET FLAMMES
J’aimerais maintenant te parler, mon cher
lecteur de la puissance du parchemin. Tu vas peut-être rire à
cette affirmation, mais je vais tout de même argumenter ma position.
Depuis le début de la lecture de
ce livre, l’idée que la puissance d’un voleur réside principalement
dans ses doigts a dû voir le jour dans ton esprit. Et bien, cela
n’est pas tout à fait vrai, la puissance d’un voleur tient aussi
dans son encre et ses plumes... et bien sûr les doigts qui tracent
finement certaines lignes essentielles. Oui, la plume et le parchemin ne
sont pas uniquement réservés au noble mage, qui tire sa puissance
de son intellect. Les personnes qui gardent cette idée d’élitisme
de l’écrit font fausse route. Laissons aux barbares les joies de
l’ignorance. Un bon voleur est un voleur lettré et érudit.
Il doit traîner ses guêtres poussiéreuses dans les bibliothèques.
A cet effet, je tiens à rappeler
qu’un nouvel arrivant dans une ville, s’il veut se fondre à la population
locale, doit connaître le plus rapidement possible l’ensemble des
coutumes locales, le dialecte et les légendes du pays. N’est-ce
pas dans une bibliothèque que l’on rencontre ce genre d’informations
? De plus, en ce lieu réconfortant et sûr, on peut facilement
se procurer un nécessaire d’écriture, et l’on peut recopier
à loisir les cartes de l’endroit. Il est aussi souhaitable de repérer
très vite les noms des notables de la ville et essayer de dénicher
l’histoire qui se rattache à eux. Tu n’imagines sans doute pas tout
ce qui peut être écrit au sujet des résidants populaires
de la ville. De ce fait, ces petites recherches fort agréables te
permettent de mieux te représenter la morale dominante des dirigeants
de la cité et de la région qui l’entoure.
D’ailleurs je ne saurais te dire combien
de fois les livres m’ont amenée à découvrir des temples
secrets dont les dieux vénérés n’avaient plus de noms,
des villes oubliées par le temps lui-même, des pays engloutis,
des plans différents où les Dieux de l’Olympe se livraient
des luttes titanesques... Ces vieux grimoires poussiéreux, jaunis
par le temps sacrilège, sont les gardiens de notre mémoire,
les gardiens de trésor cachés qui ne demandent qu’à
retrouver la lumière du jour. Ces témoins neutres gardent
en leur feuillets tout ce que les hommes ont pu découvrir, aucun
secret ne leur est inconnu. Il faut parfois savoir lire entre les lignes
pour déceler les plus grands.
Cependant le parchemin et les plumes ne
te serviront pas seulement à officier tel le copiste moyen dans
toutes les bibliothèques que tu pourrais rencontrer. Tu les emploieras,
mon cher lecteur, à des fins certainement plus pratiques, mais non
pas négligeables. Il est vrai que certains de mes compagnons se
moquaient de moi maintes fois lorsque, au fond de ténébreux
souterrains,
je tentais de dessiner au mieux le plan de l’endroit, à la lueur
de ma torche, ou, lorsque je notais les phrases énigmatiques gravées
sur les roches et les portes des étranges lieux que nous parcourions.
Et pourtant, combien de fois, mes plans et mes notes nous sauvèrent
des dangers les plus terribles. Jamais je ne me serais aventurée
sans mon nécessaire d’écriture dans une immense construction.
Et mes amis m’ont bien souvent remercié d’avoir conservé
mes notes et mes croquis devant une énigme inscrite sur une lourde
porte.
Les plans que nous traçons rapidement
ne sont certainement pas des chefs d’œuvre, mais ils rassurent terriblement
des compagnons dans l’obscurité d’un donjon. Nous, les voleurs,
sommes un peu l’astuce et la ruse de nos amis, aussi un peu de leur espoir,
quand l’étrange sensation de se perdre envahit tout le monde insidieusement.
Tu verras, et cela ne manquera pas de t’arriver si tu traînes dans
de sombres lieux abandonnés de toute chaleur humaine, le plan est
une bonne arme contre le désespoir.
Toutefois, il ne faut point cantonner ces
objets aux griffonnages de plans et aux annotations diverses. Leur emploi
peut s’avérer beaucoup plus lucratif. Il te suffit un jour de commettre
un cambriolage dans l’honorable demeure d’un notable, pour découvrir
des choses fort intéressantes. Une lettre de cachet octroie beaucoup
de pouvoir à son possesseur, et la contrefaçon de tels documents
n’est pas si difficile que cela pourrait paraître. De plus si tu
jouis d’un tant soit peut de relations, une lettre de cachet se revend
très bien.
Dans beaucoup de nos contrées, les laissez-passer
sont très souvent de vigueur, et quoi de mieux qu’un laissez-passer
royal qui vous permet de vous promener en tout endroit librement et sans
vous déposséder de vos armes ! Cependant j’attire ton attention
sur l’encre secrète qui ne se révèle qu’au contact
de la flamme. On fabrique cette substance à l’aide d’un agrume qui
pousse dans les régions chaudes. Cette encre invisible peut quelque
fois être l’accompagnatrice d’un seau, mieux vaut vérifier
pendant sa contrefaçon. Aussi, apprends à vieillir ton encre
avec un peu d’esprit de vin, le document que tu reproduis paraîtra
plus véritable. De même faut il t’entraîner à
retranscrire fidèlement les courbes particulières de l’auteur
original, ce travail fastidieux demande beaucoup de patience, et comme
toujours dans notre métier une observation aiguisée. Il ne
faut point oublier d’appliquer la signature avec un même effort de
ressemblance dans l’inflexion et l’épaisseur du trait.
En effet si la supercherie se devine, ce genre
de contrefaçon t’emmène tout droit au cachot, et les jugements
de ce genre de petits forfaits se terminent malheureusement par la mort
dans beaucoup de contrées. Il est vrai que ce type de document se
montre fort précieux, mais il ne tient qu’à toi et ton talent
qu’il soit irréprochable, quant à la texture vieillie du
parchemin, ou à l’imitation de l’écriture.
De plus, dans certaines régions de ce monde,
certains documents permettent d’acquérir de fortes sommes d’or en
échange d’une signature apportant foi à une telle requête.
Bien sûr le pouvoir de telles lettres est limité à
une région bien précise, mais elles peuvent devenir une source
de richesses fort intéressante. C’est pourquoi, je conseille à
tout cambrioleur d’apporter un soin particulier aux documents et parchemins,
aux seaux qu’il peut dénicher lors d’une petite visite dans une
maison riche. Laisses les chandeliers qui t’alourdissent et dépassent
grossièrement de ton sac à dos, et intéresses toi
plutôt aux fameux documents, lettres de change, lettres de cachet...
Dans ce genre de recherche, on peut aussi trouver,
avec beaucoup de chance une carte au trésor codée, en langage
secret, ou peut-être une lettre d’amour enflammée d’une quelconque
maîtresse. Il y a toujours dans ce genre de chose matière
à creuser, faire chanter quelqu’un d’influent n’est jamais très
difficile. On peut aisément imaginer la crainte continuelle du bourgmestre
qui entretient une passion échevelée avec une femme des bas
quartiers de la ville, de nombreux détracteurs paieraient cher pour
détenir de telles preuves.
Mais, bien sûr n’oublions pas que le parchemin
est parfois le support de cartes fort précieuses, désignant
des trésors échappés de la mémoire des mortels.
Quelquefois de telles cartes se cachent sous un texte sans importance,
ou un poème qui révèlent à qui sait le déchiffrer,
les indications de latitudes et longitudes nécessaires à
sa trouvaille. On peut ainsi découvrir des palimpsestes fascinants
de complexités. Ces énigmes enchevêtrées sont
bien souvent, à mon goût plus exaltantes que le trésor
qu’elles révèlent. Cependant cher lecteur, méfies
toi des hommes qui te proposent des cartes au trésor, elles sont
si faciles à reproduire, et bien sûr à créer...
CHAPITRE XI
SI LE CŒUR T’EN DIT...
Maintenant, mon très cher lecteur, je pense
que ton regard n’est plus le même sur la valeur de l’écrit
et du parchemin. Ainsi garderas-tu certainement de quoi écrire et
dessiner des plans lorsque tu t’aventureras dans de sombres labyrinthes.
D’ailleurs sans ton désir de connaître les sciences de l’écrit,
jamais tu n’aurais ouvert ce manuel. J’espère que celui-ci te fera
bon et long usage. Il t’aidera peut-être à retrouver la sérénité
qui se perd si vite lorsque l’on erre de ville en ville à la recherche
de l’objet rare, mythique, celui qui fait défaut à ton cœur.
Souhaite d’ailleurs ne jamais trouver cet objet, il tue le désir
de découverte, le désir du risque qui meut tous les gens
de notre classe.
Pour achever ces écrits, je te souhaite
encore bonne route l’ami. Maintenant, tu dois pouvoir affronter les hasards
de la vie, te glisser tel un serpent dans une cité que tu ne connais
pas, savoir te faire oublier lorsqu’il le faut comme une ombre qui glisse
sous une porte et frapper aussi précisément que la pointe
de ta dague est acérée. Cependant je souhaite que tu acquières
tes richesses autant spirituelles que matérielles en dépouillant
le mal et le luxe qui l’accompagne souvent. Prêtes main forte autant
que tu le peux aux forces du bien, elle ne sont jamais ingrates, crois
moi. D’ailleurs sans la bonté des hommes et des femmes appartenant
au bon côté de la force, je ne serais pas devant ce lutrin
en train de tracer ces lignes. Ne laisse jamais taire la bonté de
ton cœur, mais sois sans pitié envers ceux qui amassent trop de
richesses, et ainsi tu contribues aux nécessaires échanges
de biens, de connaissances et de savoir. Une tête bien faite vaut
mieux qu’une bourse bien pleine.
Si le cœur t’en dit maintenant tu peux refermer
ce livre, oublies tout ce qui a été dit et va, rejoins tes
rêves les plus fous...
Que la chance soit avec toi!
|